Mille ans (Conte)
Je réédite ici, ma deuxième nouvelle faunesque .....
PeLF
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Mille ans (Première partie)
Attends, juste que je me souvienne, c'était un autre temps.
Lorsque moi, jeune Pan, j'avais lâché mes faunes, mes satyres et mes sylvains, dans mes royaumes forestiers.
Les hommes d'alors me louaient pour le soin que je prodiguais à leur gibier, et me laissant sans trop férir jouer avec leurs filles, les nymphes, les ondines et les naïades.
Mille ans, avant que ce maudit dieu unique ne viennent ravager mes provinces.
Mille ans de gloire, mille ans de liberté, avant de me retrancher dans les plus profondes de mes grottes.
Mais, je suis patient, et, fillettes et garçons à nouveau je libérerais.
En attendant, il me reste mille ans de souvenirs, mille ans, ou j'ai formée mes prêtresses, mille ans de très gentils moments.
Et pourquoi ne pas vous en raconter un ce soir ?
Auguste et Mélisse
Il s'appelait Auguste, c'était l'un de mes plus beau satyre, son corps était parfait et la toison qui recouvrait son poitrail avait la couleur blonde du miel, la douceur de la jeune l'herbe et l'odeur enivrante de la menthe fraîche.
La mission qui lui incombait était de compter, de surveiller les quelques hardes de chevreuils, cerfs et sangliers des bois jouxtant un petit village nommé Boisvillé.
Cette mission lui laissait beaucoup de temps libre, et il aimait bien me raconter avoir coursé telle ou telle jeune femme, lorsqu'elles travaillaient dans les champs.
Un jour, alors qu'il flânait à la recherche de quelques jeux, de quelques légères forfanterie, il vit au champ, une femme fauchant, accompagner d'une fillette, pas bien haute, dans ses 8 ans sans doute, qui glanait sous les arbres en abord.
Il en fut tout retournée. Elle était en tunique courte, ceinte d'un bout de corde. Elle chantait, sautillait et lorsqu'elle se baissait pour ramasser les glands, elle laissait apercevoir sans couverture, son arrière.
Auguste en fut saisie ! Jusqu'à présent, il n'eut imaginé qu'un fruit d'apparence si vert eut pu lui faire cet effet.
Jouer avec elle ? Il en fut incapable et vint me raconter son émoi.
« Pan, que dois je faire ? » me dit il alors.
Et moi de lui répondre : « N'es tu point un satyre ? Dit moi, que te dicte ta nature ? »
Lui : « Je ne sais, Pan. Je ne connaissait pas cette émotion, ce mélange de désir si fort, et d'envie de protection. »
Moi : « Tu en feras alors l'une de mes prêtresses. Lorsque tu la reverras, montre toi a elle, sans rien dire, et tends lui ta main. Si elle la prend, assied toi devant elle. Tu auras tout ton temps pour discourir. Je chargerais quelques faunes de courser sa mère, qui si elle n'est pas trop bête se laissera faire, sinon, elle ira se terrer derrière les palissades de Boisvillé où les hommes seront toujours trop frileux pour sortir chercher la môme. »
Ainsi en fut il fait.
Mes faunes lutinèrent la mère, et Auguste main dans la main, discutait avec la petite Mélisse.
Auguste : « Que sait tu ne nous, les êtres des bois ? »
Mélisse : « Maman et papa ne vous aiment pas »
Auguste : « Veux tu me dire pourquoi ? »
Mélisse : « Vous voler nos vierges. »
Auguste : « Et n'est ce pas ainsi que vous nous rétribuez pour soigner le gibier ? »
Mélisse : « Sans doute »
Auguste : « Pose ta main sur mon torse. »
Mélisse : « C'est doux. »
Auguste : « Approche. »
Mélisse : « Tu sens les herbes piquantes des ruisseaux »
Auguste : « Aimes tu ? »
Mélisse : « Oui. Et toi, tu me trouves comment ? »
Auguste : « Comme un gâteau au goût de soleil. »
Il la tient doucement dans ses bras, doucement il s'allongea, elle au dessus de lui.
Elle s'endormi la première, lui après.
Nuit tombée, à son réveil, elle n'était plus là. Mais il savait, qu'il la reverrait et que c'est elle qui le chercherait.
Mille ans, chapitre 2
Au bien sur, ces siècles terré dans ma grottes ne furent pas pour autant dénués d'activité de ma part.
Je m'amuse de ci de là à faire germer des idées dans la tête des personnes sensibles. Les artistes particulièrement, les artistes.
Bien que Brassens ai chanté ; « Le grand Pan est mort », je suis certain d'y être pour quelque chose lorsqu'il écrivit : « Dans l'eau de la claire fontaine, elle s'en allait baigner toute nue, une saute de vent soudaine, jeta ses habits dans les nues ... »
Mais, cela étant, j'avais commencé l'histoire d'Auguste, l'un de mes satyres et de la très jeune et jolie Mélisse.
Elle revint
La rivière était à cet endroit, bordée par les bois. Une petit crique s'y était formée en bordure, l'eau y était si calme, qu'en bord de rive y poussait des nénuphars.
Mélisse s'y baignait, tunique et cordelette posée sur les ajoncs.
Auguste sorti alors de son fourrée, et s'assit sur le bord pour la contemplé.
« Hé, gentil méchant ! Je te vois. Regarde comme je sais bien nager. » Dit elle en tourbillonnant dans l'eau.
Auguste : « Es tu une ondine ? Je te croyais fille d'homme. »
Elle, de l'eau jusqu'en haut des cuisses, se tournant pour lui présenter un trois quart de dos, mains sur les épaules, tête tournée vers lui, ses yeux regardant le satyre au niveau de son bas ventre : « Je ne suis pas une ondine, je suis bien plus jolie »
Auguste éclate de rire : « Toi, tu me plais. Je vais dans la clairière à coté. Tu peux m'y rejoindre lorsque tu auras fini de barboter. »
...
Les cheveux encore tout mouillés, elle vint le rejoindre et dit :
« A quoi veux tu jouer homme des forêts ? »
Auguste : « Viens, donne ta main, je vais jouer à t'apprendre les plantes. »
« Vois tu celle ci ? En tisane elle guérit les insomnies. »
Elle : « Moi j'aime bien ces petites fleurs blanches à coté. Je peux en faire une bouquet ? »
Lui : « Si tu veux. Hé regarde cette herbe, ces bulbes, en cataplasme calment la douleur des articulations. »
Elle : « Oh les belles fleurs bleues ! Je vais en mettre aussi dans mon bouquet. »
Lui : « Hé ! Regarde cette ... »
Elle : « Bonjours madame la fourmi. Où allez vous comme ça en empotant ce paillon mort ? Regarde Auguste, elle est forte cette fourmi. Tu crois qu'elle va l'enterrer le papillon ? »
...
Lui : « Tu ne veux pas jouer à apprendre ? »
Elle : « Non, je veux chanter et danser. »
Et ce faisant, elle entonne en sautillant :
« Une fourmi porte un papillon
Sur son dos, sur son dos
Une fourmi porte un papillon
Qui est mort, mais qui est beau »
Auguste l'écouta chanter, la regarda danser, puis il lui demanda :
« Veux tu avec moi, faire des fleurs de ton bouquet, une couronne ? Comme celle que porte les princesses ? »
Mélisse : « Oh oui ! »
Auguste lui montra l'art délicat du tissage des fleurs. Et c'est avec l'air hautain d'une grande prêtresse qu'elle s'en retourna ce soir là, à Boisvillé.
Mille ans, chapitre 3
Il est un fait, qui est que régulièrement, mes adorateurs antiques, ainsi que les quelques très rares personnes qui aujourd'hui ont encore un subtile doute sur l'existence du grand dieu Pan, m'ont réclamé ou me réclament encore, lorsque je raconte ma glorieuse époque, des détails salaces.
Par exemple, quelques uns aimeraient savoir, avant l'heure, si Auguste a initié Mélisse et surtout comment, avec force détails.
Il faut bien que je le dise, les satyres, faunes et sylvains, sont à mon sens les êtres les plus patients qu'ils soient. Ils peuvent préparer pendant des mois, ou des années, l'instant propice.
Il est vrai aussi, que Auguste était au supplice. Lorsque je le lui ai intimé de faire de Mélisse l'une de mes prêtresses, il était tout à fait entendu, que son objectif alors, serait de la préparer, de la former à cette future tâche ; il était entendu aussi, qu'il devrait alors la guider afin qu'elle découvre par elle même le chemin qui devait la mener, de part son propre désir, vers moi pour son intronisation.
Auguste découvre l'esprit d'une petite fille
Auguste :
« Pan, j'ai un problème. Je ne comprend pas cette petite fille. Cela fait plusieurs semaines que je la rencontre, que je parle avec elle, que nous jouons ensemble. J'essaye de l'intéresser aux plantes qui lui permettront un jour de rentrer en transe, ou à celles qui lui permettront de guérir les bêtes et ses semblables. J'essaye de lui faire percevoir l'infinie des énergies forestières, celles qui devraient l'amener un jour à te réclamer pour assouvir la chaleur qui devra au fur et à mesure des mois, des années l'assaillir. Mais elle ne semble pas m'écouter ; elle me prend la main pour que je saute avec elle à cloche pied ; elle me fait des tresses dans ma barbe en y mêlant des fleurs, regarde, j'en porte encore ; lorsqu'elle va jouer dans l'eau, elle me jette sa tunique au visage, et rigole fort de la tête que je fais. »
Moi même en rigolant :
« Hé oui Auguste, jusqu'à présent tu n'a rencontré et lutiné que des campagnardes qui faisaient semblant de fuir devant tes gros sabots, ne disaient pas non bien longtemps, et dont l'apparente soumission ne faisait que reflété leur joie secrète et supérieure de t'avoir amener jusqu'à elle afin d'assouvir leur désir.
Cette fillette vois tu, est totalement différente, jeune et vierge de toute déformation de son désir. Il est multiple son désir, et très puissant.
Son désir est bien plus présent dans son envie de jouer avec toi, dans le fait qu'elle te considère comme un égal et non comme un être inférieur à qui il faut faire croire sa soumission.
Cette fillette est encore une source pure, elle ne doit pas être gâter par les hommes et leur roublardise qui leur fait jouer en publique l'inverse de leurs désirs.
Elle désire jouer ? Joue avec elle.
Elle désire danser ? Tiens, je te prête ma flûte (de pan).
Elle désire nager ? Demande lui de t'apprendre à nager.
Elle désire chanter ? Trouve lui du miel sauvage pour adoucir sa gorge.
Elle désire faire des tresses de fleurs ? Va lui cueillir les plus beau bouquet.
Oublie tes propres désir à son encontre, même celui de me servir au mieux en la préparant.
Jouis de ce qu'elle t'offre.
Un jour, elle désirera la connaissance, celle des forêts. Et c'est à ce moment que tout naturellement, tu répondras à son désir.
Aller, va maintenant »
Et il en fut fait ainsi. Auguste fut pendant deux ans l'esclave d'une fillette.
A Boisvillé, personne n'osant contredire les volontés sylvestres, hommes et femmes la laissait partir un jour, et même régulièrement plusieurs jours, dans la forêt.
Mélisse s'en vint comme ça, à ses dix ans.
Petite reine à la tunique et aux tresses toujours brodées de fleurs fraîches.
...
Mille ans, chapitre 4
De temps, à autre bien, bien d'éternel, je commence je trouve le temps long.
Les virées bacchanales de mon copain le dieu du vin, me manque.
Ce n'est pas tout, j'ai commencé une histoire, autant la poursuivre.
Mélisse a eu dix ans. Et Auguste ne s'en était à peine rendu compte.
Le jour du tournant
Un après midi d'automne, soleil encore chaud.
Auguste était couché sur le tapis de feuilles rouges tombés des arbres dans la clairière, somnolant à moité ; Mélisse était à quelques pas, jouant sans grande conviction avec deux feuilles et une petites branche.
Mélisse : « Auguste, je m'ennuie. Je ne sais plus quoi faire, j'ai fait avec toi tout les jeux que j'aime. »
Auguste : « Oui ? »
Mélisse : « Et je ne veux pas retourner à Boisvillé, les gens baisse le regard lorsque j'arrive, même mes parents n'osent plus me parler. Dés que je veux quelques choses les adultes me le donne, alors j'ai envie de hurler, de tout casser. Toi aussi tu fais tout ce que je veux, mais tu me regarde dans les yeux, et j'aime tes câlins lorsque je viens dans tes bras. »
Auguste : « Et là, maintenant, tu ne sais pas quoi faire. Tu t'ennuis, tu es énervée, et tu ne sais pas pourquoi. »
Mélisse trépignant : « NON ! Non ! Non ! JE M'ENNUIE JUSTE, je ne suis pas énervé ! Je veux faire quelque chose, mais je ne sais pas quoi ! »
Auguste : « Hé hé, petite fille, moi je peux t'en faire faire des choses .... »
Mélisse : « Toi ? Et quoi donc ? »
Auguste se lève d'un bon et se met à danser autour de Mélisse :
« Gamine gamine que veux tu, moi depuis deux ans j'attends
J'ai eu le temps de gamberger à ce jour tant annoncé
A ce jour où, avec tes fleurs, tu ne voudras plus jouer
A ce moment, à cet instant, à cet ennui, ennui latent
Que faire alors auguste serveur, non (!) serviteur du dieu Pan ?
Je ne sais guerre alors je danse, danse encore en attendant
D'avoir l'éclair, la lumière qui me dira ce que je dois
Fillette fière, te faire faire, de le savoir j'en ai le droit »
Il dansa quelque instant sans rien dire, juste jouant de la flûte,le regard perdu en elle.
« Ainsi faut il que ce toi qui me donne de l'inspiration
Je te regarde et je vois la couleur des flammes des désirs
Qui palpitent violemment en ton sein à chaque expiration
Je me vois faire d'eux, de ces feux, un million de plaisirs
...
Me suivras tu que je te montre les pouvoirs
Que recèle cette nature qui te baigne ?
Me suivras tu, yeux fermés sans savoir
Vers quel dieu doucement je te mène ?
Viens vers moi que je te montre l'infini des trésors
D'un frisson que provoque sur ton dos mes doigts d'or
Viens avec moi préparer un nectar euphorique fait de plantes
Que les hommes attribuent de vertus malfaisantes
Une fois que tu l'auras devant moi avalé
Tu auras claire vision de ta destinée
J'ai un an devant moi pour t'apprendre le désir
Jusqu'à ce que tu ne puisse sans souffrir le contenir
Tu iras comme écrin milles éclats contenant
Te présenter à mon ami, à mon dieu, le grand dieu Pan »
Il s'arrêta de chanter, de jouer de danser.
Après quelques minute de silence immobile, ses yeux dans ceux de Mélisse, il tendit la main et dit simplement :
« Viens. »
Sans un mot, elle la lui pris et le suivi, hors de la clairière, dans le sombre de la forêt.
...
Mille ans, chapitre 5
D'humeur mélancolique, le verbe bucolique, je crois que ce soir je vais vous narrer, en quelques chapitres une année, celle ou Auguste mon Satyre, fit de ma prêtresse en herbe la lyre, l'instrument vierge et vibrant n'attendant, que la découverte de mon instant.
Initialisation
Par la main il la pris et lui fit fouler nus pieds l'herbe sèche d'automne
Les fruits de cette saison ils mangèrent à perdre raison, noisettes prunes et pommes
Trois mois sans dire mot
Trois mois ou ses pensées de petite fille, en vrille lentement partirent
Trois mois ou ses instincts retrouvèrent leur droits à sévir
Animal elle était redevenue
Sa tunique d'ailleurs en a disparue
Dix ans de souvenir partirent en retrait
Vivre l'instant présent, seul attrait
C'est accroupie et nue qu'elle grattait la terre de ses mains
Un passant égaré ne lui aurait plus rien trouvé d'humain
Heureusement Auguste veillait au bon grain
Et ni homme ni bête n'eut été assez malin
Pour oser perturber se retour au divin
Trois mois sans dire mot
Hibernation
Il a venté, plu et neigé
Rigueurs des frimas
Elle dormi dans ses bras
De novembre à Février
Renaissance
Printemps.
Elle ne savait plus son non, elle ne savait plus parler, elle ne se souvenait plus de Boisvillé.
Le réveil a duré trois jours, trois jours où Auguste a joué sur sa peau, ou Auguste l'a éveillée au frisson.
Ce corps d'infante, un véritable instrument.
Si au début la seule réponse à la sollicitation des doigts du Satyre était la chaire de poule, au bout de quelques temps, des soupirs sortirent.
Ils se précisèrent ces soupirs pour devenir plus sonores.
C'est ainsi qu'elle prononça son premier mot : « Huummm oooooh ! »
Une fois le réveil passé, ils sortirent de la tanière, entre les racine d'un chêne millénaire où ils avaient passé l'hiver.
Il enduit son jeune corps d'huile rouge, cette huile où a macéré, quatre années durant, les fleurs du millepertuis.
Sous le soleil du printemps, il lui réappris à parler.
Des mots simples, des mots puissants :
Foret pour dire univers.
Buisson pour dire maison.
Sanglier pour dire ami.
Plante pour dire énergie.
Clairière pour dire salon.
Caresse pour dire plaisir.
Danse pour dire vie.
Auguste ne fut pas son seul professeur.
Une biche souhaitant de l'aide pour mettre bas lui appris le langage des cervidés.
Un renard ayant une épine à la patte lui appris des glapissements la signification.
Un sanglier, un lièvre, une belette, un ours et même un loup complétèrent sa connaissance des langues sylvestres.
Les animaux l'appelèrent : petite princesse de la foret.
Puis vint le moment des désirs.
Il lui fit préparer et boire de savants mélanges de plantes.
De ces potions qui mettent du soleil dans la tête et du feu dans le bas du ventre.
De ces potions qui vous font rentrer en transe, qui vous font voir le monde par delà ses apparences.
Mais ces potions ne font que montrer, juste approcher les espaces divins.
D'un cheveux parfois il ne s'en faut pour attendre le but incertain.
Mais toujours sous la joie d'avoir vu, se greffe une envie qui ne peut que grandir.
De plus en plus souvent, pour calmer ses envies qu'elle ne comprenait pas, ses folies qui lui faisait perdre le fil de son action pour mettre sa main entre ses jambes, elle allait à la rivière se baigner, et même rester jusqu'à trois minutes assise au fond de l'eau fraîche en apnée.
Auguste dégustait.
Auguste savait qu'elle serait bientôt prête.
Au milieu de l'été il lui demanda : « Mélisse, que sais tu des désirs qui t'habitent ? »
Elle : « De plus en plus souvent, j'ai chaud, au point d'oublier la foret. Mes caresses ne me suffise plus. Tu es sans aucun doute mon meilleur sanglier, mais a toi je n'ose demander de me soulager. Un tabou sans doute, je le sens, ce n'est pas à toi de le faire. Depuis peu mes souvenirs reviennent. Il y a presque un an, tu m'as promis que je verrais le grand Pan. »
Auguste : « Oui, très bientôt, très bientôt. En attendant, bois encore ce breuvage que nous avons fait avec ses racines au goût fort et poivré. »
A la fin de l'été, elle l'avais déjà par trois fois supplié de l'emmener vers son maître.
A son troisième appel, il lui répondit : « Vois tu ce chemin qui même en haut de la colline ? Prend le. En haut de celle-ci, au croisement, prend celui de droite. Puis, droit devant toi pendant quatre jours de marche. Pan t'y attendra.
...
Maintenant, va ! »
Et c'est aussi qu'Auguste vit pour la dernière fois Mélisse, avant qu'elle ne devienne ma prêtresse.
Epilogue
Lorsque je la vis, elle était parfaite
De son feu intérieure j'ai secoué les braises
Par mon souffle précis sur son fruit mûri
Je l'ai fais chanter. Ses désirs éclatants
Donnèrent des sons qui gagnaient en puissance
Elle fut secouée comme si terre tremblait
Ce n'était qu'un début, elle en redemandait
Elle se coula dans mes bras et je fondis en elle
Doucement comme coule la cire d'une bougie
C'est par cette fusion elle corps, moi esprit
Qu'elle est devenue grande prêtresse d'Arcadie
De mes charmes je fis qu'elle resta femme enfant
Pendant presque plus de deux ou bien trois cent ans
--ooOoo--
Pan, c'était il y a maintenant bien plus de mille ans
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