Fusion
La fusion, hors celle des corps, il en est une qui me plaît encore plus, c'est celle des esprits.
Fermez les yeux petits.
Ma voix se veut hypnotique.
Oubliez le monde.
Ma voix se fait caressante.
Oublier où vous êtes.
Sentez ce soleil qui joue sur votre peau.
Oubliez qui vous êtes.
Sentez l'odeur de la sève qui suinte sous les bourgeons à naître.
Oubliez que vous êtes.
Touchez la jeune herbe, ressentez qu'elle titille le bout de vos doigts infantiles.
Vous n'êtes plus.
Maintenant, visualisez, ressentez, entendez.
Vous êtes tous les cinq allongés dans ce vergé, sous ce soleil de printemps.
Vos têtes se touchent, vous formez une étoile à cinq branche.
Dans votre bouche, le goût des premières fraises que vous venez de déguster.
Dans vos narines l'odeur de la terre fraîche qui sèche sa rosée du matin.
Enfants, cette coccinelle qui marche sur le dos de votre main vous chatouille.
Sous le cerisier dont les branches bougent, vos yeux fermés perçoivent les changements de lumières, orange clair ou foncé.
Le concert des rouges queue, troglodytes, rouges gorge et mésanges vous environne. Ils bougent ces oiseaux, un chant à gauche, son écho à droite, un autre devant, un autre derrière.
Oubliez vos corps, vous n'êtes que sensations.
Oubliez vos corps, vous n'êtes que sens.
Oubliez vos corps.
Reste juste ma voix.
Inspirez .................................. expirez.
Inspirez .................................. expirez.
Inspirez .................................. expirez.
Inspirez ..............
En expirant vous sentez ce picotement qui a lieu bien au dessus de votre crâne.
Inspirez ..............
En expirant le chants des oiseaux s'éloigne, la lumière joue lointaine sur vos paupières, la coccinelle ne vous chatouille plus, odeur et goût n'ont plus d'importance.
Inspirez ..............
En expirant vous n'êtes dans votre corps, vous n'êtes plus que ce fourmillement intense entre vos cinq têtes.
Je vous vois maintenant.
Cinq fils d'argents partant de l'étoile que vous formez.
Cinq fils d'argents se croisant, se mêlant, s'élançant à une vitesse inimaginable vers le ciel.
Ils sont cinq, ils sont partis, loin, vraiment loin.
Ma voix ne les atteint plus
Leur respirations est uniforme.
Cinq corps quasi gisant, épars,
Ils reviendrons à eux, dans une heure ou deux, ils ne diront rien, se lèveront, formeront pendant une minute une ronde, se tenant les mains.
Sans rien dire, souriant, ils viendront me saluer et sortiront.
Dans deux jours je constaterais que l'un à les tics de langage de l'autre, que l'un se frotte l'oreille comme l'autre le faisait avant.
J'aurais toujours droit à un sourire serein lorsqu'ils me croiseront.
Ils ont fusionné, touché des galaxies, surfé dans le vents des étoiles.
Et moi, je resterais à jamais l'accoucheur de ce fait, il y a longtemps que je ne sais plus voler.
Télécharger la ici
PeLF
Comments
à écouter sans fin !
tu es un artiste Pelf et un génie
c'est beau !!
Exactement ce qu'il me fallait.... (après une grosse colère matinale ! )
Des sensations à ne pas oublier... Ton texte fait remonter des souvenirs d'enfance... ou pas... ! des expériences rares et fortes...
ton texte appelle immédiatement des images et si l'on ferme les yeux... on est allongé, un gout de fraise dans la bouche...
Merci.... la journée sera plus sereine grâce à toi après
un début tempêtueux ! ^_^
Bonne journée
Envol . Silence.
Communion
sur le ruban qui emporte les moi apaisés.